Sous le choc après s’être fait frauder – floués pour plus de 365 000 $ par le comptable

Rédigé par: Journal de Montréal - Catherine Montambeault

Des commerçants auraient été floués pour plus de 365 000 $ par la femme qui gérait leur comptabilité.

Quatre commerçants de Belœil s’étant liés d’amitié avec la femme qui gérait leur comptabilité sont sous le choc depuis qu’ils ont appris qu’elle les aurait fraudés pour plus de 365 000 $.

Louise Henry participait aux soupers familiaux d’un client et organisait des soirées télé avec un autre. Le tout dans le seul but de vider leur compte bancaire une fois qu’ils avaient le dos tourné, selon la police.

La femme de 54 ans originaire de Sainte-Madeleine, en Montérégie, se serait servie des centaines de milliers de dollars ainsi dérobés pour jouer aux machines de vidéo poker dans un bar de Mont-Saint-Hilaire. 

« C’est une menteuse compulsive. Tout ce qu’elle nous a dit, c’était faux du début à la fin », lance avec colère Mathieu Brault, propriétaire d’Amaz-ink Tattoo.

Le restaurant Barabouf, Lost Souls Tattoo, Amaz-ink Tattoo et Toilettage L’Ami d’Orami ont séparément porté plainte pour fraude auprès de la Régie intermunicipale de police Richelieu—Saint-Laurent.

La Sûreté du Québec aurait également reçu deux plaintes contre les Services comptables affiliés, l’entreprise que Mme Henry représentait.

C’est en 2013 que Stéphane Urier, du restaurant Barabouf, a commencé à faire affaire avec Louise Henry. Au fil des ans, elle est devenue une amie de la famille.

« C’est vicieux, son affaire. Ce n’est pas quelqu’un qui a agi sur l’impulsion. Tout était calculé », affirme M. Urier.

« Manipulatrice »

« Elle rencontre les gens, puis elle devient très proche d’eux, raconte-t-il. Elle est venue chez nous manger à notre table, jouer avec nos enfants… C’est une manipulatrice. »

Pendant plus de deux ans, la fraudeuse alléguée aurait encaissé des chèques à son nom en imitant la signature de M. Urier.

« Si on avait 4000 $ à payer au gouvernement, elle faisait le chèque, mais elle le déchirait et s’en faisait un pour elle au même montant. Maintenant, le gouvernement me réclame des dizaines de milliers de dollars que j’ai déjà payés. »

Quand le restaurateur s’est rendu compte de ce qui se passait, il aurait téléphoné à Mme Henry pour la rencontrer. « Je ne l’ai jamais revue depuis », soutient-il.

La femme aurait utilisé le même stratagème avec l’entreprise Amaz-ink Tattoo. De 2013 à 2016, elle aurait ainsi fraudé Mathieu Brault pour 220 000 $.

« Aujourd’hui, je me retrouve avec une dette énorme au gouvernement, déplore-t-il. Je travaille comme un fou pour essayer de relever l’entreprise, parce que c’est mon seul gagne-pain. »

Louise Henry a comparu au palais de justice de Saint-Hyacinthe lundi sous divers chefs d’accusation reliés à la fraude. Elle demeure détenue jusqu’au 28 décembre, jour de son enquête de remise en liberté.

Mme Henry a déjà eu des démêlés avec la justice en lien avec de la fraude, en 2008 et en 2012.

 

Photo Catherine Montambeault
Stéphane Urier, du restaurant Barabouf accuse Louise Henry de les avoir fraudés

Elle pourrait avoir fait d’autres victimes

Les six plaintes distinctes déposées contre Louise Henry laissent croire aux enquêteurs que d’autres personnes auraient pu être escroquées.

La femme de Sainte-Madeleine ne se serait par ailleurs pas compliqué la tâche pour frauder certains de ses clients. Elle aurait tout simplement viré des fonds par courriel à partir de leur compte en banque.

« Quand j’allais la voir pour lui demander c’était quoi ces virements-là, elle me disait que c’était de l’argent qu’elle prenait pour payer mon Hydro ou mon loyer. Je lui faisais confiance, c’était ma comptable et mon amie ! » explique Caroline Hamelin, propriétaire de Toilettage L’Ami d’Orami.

De février à juin 2016, Louise Henry lui aurait ainsi volé près de 11 000 $.

Lorsque Mme Hamelin a réalisé la fraude dont elle était victime, elle a confronté sa soi-disant amie.

« Une erreur »

« Elle m’a dit : ‘‘Oh non, j’ai fait une erreur ! J’ai utilisé ton compte pour payer les dépenses d’un autre client. Je te jure que je vais te rembourser’’ », raconte la toiletteuse.

Six mois plus tard, comme elle n’avait toujours pas de nouvelles, Caroline Hamelin a rappelée Mme Henry. Cette fois, elle a enregistré la conversation.

« Oui, je vais te rembourser du mieux que je peux », répète la fraudeuse alléguée en levant progressivement le ton. Mme Henry aurait aussi arnaqué Guillaume Marien, de Lost Souls Tattoo, de la même façon en 2014 pour 10 000 $.

« Quand je l’ai appelé pour qu’elle s’explique, elle m’a dit qu’elle me rappellerait, dit-il. Je n’ai plus jamais entendu parler d’elle. »


Si vous croyez avoir été floué, communiquez avec les responsables du dossier au 450 922-7001, poste 393 ou par courriel à [email protected].

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